histoire d'une forteresse volante abbattue à Saint-Colomban, près de Nantes, le 4 juillet 1943

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résumé historique
MEMORIAL DE BESSON
1943 - 2004
3,4,5 juillet 2004
revue de presse
HISTOIRE DU B17
N° 42-5053
briefing
crash 4 juillet 1943
à St-Colomban
Un Focke Wulf dans
le lac de grand-lieu
EQUIPAGE DU B17
10 jeunes
Etats-Uniens
fiche technique b17
TEMOIGNAGES
compatriotes
évasion du navigateur
évasion du pilote
familles de
l'équipage
REMERCIEMENTS
participants bénévoles
AVIS DE RECHERCHE
familles aux USA
rapport


Un Focke Wulf dans le lac de grand-lieu


Le corps d'un pilote allemand oublié dans le lac de Grandlieu
article de presse paru dans l'édition du Courrier du Pays de Retz en mars 2019


C’est l’histoire d’un avion qui s’est crashé en 1943 dans le lac de Grand Lieu, et de son pilote dont la dépouille n’a jamais été récupérée. Lundi 11 mars, une association reçue en préfecture, à la demande directe du chef d’état major du Président de la République, qui s’est saisi du dossier.


AU FOND DU LAC, UN AVION ALLEMAND ABATTU EN 1943
Le président de la République a fait vite. Après avoir écouté Jérôme Batard, Emmanuel Macron a demandé à la préfecture de se saisir du dossier de l’aviateur allemand qui gît encore au fond du lac de Grand Lieu.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le 4 juillet 1943, le secteur de Nantes – Château Bougon, est le théâtre d’un combat aérien. Un bombardier américain est poursuivi par deux chasseurs allemands qui veulent l’achever. Mais avant de s’écraser à Besson, à Saint-Colomban, le bombardier américain réussit à abattre l’un de ses poursuivants, qui s’abime dans le lac de Grand Lieu. Depuis de nombreuses années, deux associations, les Amis du lac de Grand Lieu et l’Association pour la recherche d’épaves aéronautiques en Pays de la Loire (AREA P-L) se sont intéressées à la recherche de cet avion et de son pilote, tous deux prisonniers de la tourbe du marais.
Depuis le printemps 2017, elles pensent avoir réussi à localiser précisément l’épave, sans pouvoir y aller. Une opportunité vient de relancer le dossier.
Un évènement pas tout à fait oublié
Depuis une vingtaine d’années, les Amis du lac ont recueilli la parole et des écrits de plusieurs témoins oculaires, d’habitants du secteur. Les deux associations ont aussi bénéficié de l’apport de quelques débris de l’avion récupéré depuis plus de quarante ans par d’anciens usagers du lac.
Au moment des faits et dans les années d’après-guerre, aucune recherche n’a été lancée, le milieu étant difficilement accessible. Seuls quelques habitants proches du secteur des marais ont gardé le souvenir de ces évènements.
Premières recherches infructueuses
L’arrivée sur le secteur d’un passionné d’archéologie a fini de décider les deux associations. Elles se sont lancées, en 2015-2016 dans une première campagne de recherches. Leurs responsables racontent « Pour nous, au départ, l’épave pouvait se situer sur les espaces de la réserve. Munis des autorisations nécessaires pour intervenir sur le lac, nous avons fait appel aux archéologues de la Société d’archéologie et de mémoire maritime (Samm), basée à Fouesnant. Ils disposent de matériels permettant de repérer les masses importantes de métaux à une certaine profondeur », précisent-ils
Ces recherches effectuées à plusieurs reprises, ont permis de détecter une grosse masse métallique évaluée à plusieurs centaines de kilos. « Mais le secteur repéré ne correspondait pas vraiment aux souvenirs que j’avais. Dans les années 70, nous avions avec mon père et un ami, Joseph Guilbaud, témoin oculaire de ce crash, touché avec une longue perche ce qu’il nous disait être l’épave de l’avion » souligne Philippe Gris, secrétaire des Amis du lac.
Il poursuit « Globalement, aujourd’hui, sur ce premier espace repéré, le groupe penche plutôt pour la présence d’une bombe. Cette masse métallique se situe juste dans l’axe de la piste de Château Bougon. Durant la guerre, certains pilotes avaient pris l’habitude de larguer leurs bombes restantes par mesure de sécurité avant d’atterrir »
Une rencontre fortuite
Le dossier est relancé une première fois en 2017. Lors d’une cérémonie d’obsèques, Philippe Gris rencontre un ami, avec lequel il a chassé sur les marais du lac, durant sa jeunesse. Le sujet de l’avion est évoqué. Cette personne précise « Si tu me fournis une carte de l’époque, je dois pouvoir identifier le lieu, car, au fil des ans, le marais de Grand Lieu a beaucoup évolué »
Cette personne intéressée par le sujet se rend aussitôt aux archives départementales. Elle y récupère des clichés aériens des années 1947-1948. Philippe Gris et Nicolas Roturier, secrétaire de l’AREA P-L relèvent : « En les superposant, avec une carte IGN d’aujourd’hui, nous avons repéré de manière quasi certaine le lieu. De plus, il correspond à certains témoignages. Mais l’espace à prospecter est un marais privé situé sur la ceinture du lac. Nous avons besoin de l’autorisation des propriétaires pour y accéder avant d’envisager toute action. »


LE JEUNE PILOTE IDENTIFIE
Indépendamment de ces associations locales, plusieurs historiens de la région se sont intéressés à l’identité du pilote, resté prisonnier de l’avion. Il a fini par être identifié à la fin des années 1990.
Il se nomme Rudolf Wieprecht. Il était âgé de 20 ans. Il est devenu pilote par passion. Mais, très vite, la guerre est arrivée. Il s’est retrouvé propulsé pilote de la Luftwaffe. Pour cette opération, il était aux commandes d’un chasseur Focke-Wulf type 190A.
En juin 2017, des membres des deux associations sont allées à la rencontre de sa famille, en Allemagne. « Nous avons vécus, trois jours très émouvants et intenses, mentionnent-ils. Les descendants de cette famille nous ont raconté, comment lui est venu cette passion pour les avions. Avant notre prise de contact, la famille avait eu seulement pour information qu’il avait disparu lors d’un combat aérien ».


L’ELYSEE "SENSIBLE"
L’Elysée veut faciliter les choses : « Le président a été sensible à la requête qui lui a été faite. Il est attaché à ce que chacun puisse recevoir une sépulture digne. C’est la raison pour laquelle il a demandé à ses services de bien vouloir examiner le sujet », indique le service de presse du Président de la République. C’est la chefferie du cabinet et l’état-major particulier qui suivent le dossier, avec la préfecture au niveau local. L’affaire est aussi suivie outre-Rhin par ce dossier est le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, service pour l’entretien des sépultures militaires allemandes (SESMA). Cette association veille à l’entretien des sépultures militaires allemandes de la WW1 et WW2.


UNE EXTRACTION DU CORPS DU PILOTE ALLEMAND ENVISAGEE
En février 2019, une opportunité a conduit Jérôme Batard, le président de l’AREA P-L à rencontrer le président de la République, au Salon de l’agriculture à Paris.
Ce passionné d’histoire n’a pas hésité à lui parler du dossier de l’avion allemand qui repose avac son pilote, depuis bientôt 76 ans, dans la tourbe du lac de Grand Lieu. Les suites sont immédiates. Les deux associations partenaires sur ce dossier, les Amis du lac de Grand Lieu et l’AREA P-L sont invitées, lundi 11 mars, à une réunion en préfecture de Loire Atlantique, à Nantes.
« Lui offrir une sépulture décente »
En présence notamment du secrétaire général de la préfecture, de responsables de la DRAC (service de recherches archéologiques), de l’Onac (anciens combattants), d’un représentant du service nécropole militaire de l’armée, les Amis du lac et l’AREA P-L ont présentés le fruit de leurs premières recherches et les nouveaux éléments en leur possession.
A l’issue de cette rencontre, Jules Jeanneau, président des Amis du lac, et Nicolas Roturier, secrétaire de l’AREA P-L, expriment leur satisfaction, « Le dossier est pris en compte, avec peut-être la possibilité d’envisager une suite » ils précisent « il est ressorti des échanges que la priorité sera donnée à l’exhumation du corps du jeune pilote âgé de 20 ans, pour lui offrir une sépulture décente. Ce corps pourrait être transféré au cimetière militaire allemand de Pornichet. »
Ils se disent conscients «du coût financier énorme nécessaire à l’extraction de l’épave », tout en rappelant « pour nous aussi, l’aspect humain dans cette recherche a toujours été un objectif premier".
La préfecture va mener les démarches
Mais pour cela, il faut tout demême procéder à des fouilles sur le marais concerné. Et là, ces passionnés sont pleins d’espoir. « Ce sont maintenant, les autorités préfectorales qui vont prendre en charge toutes les démarches. Il faut obtenir les différentes autorisations privées et administratives nécessaires à la recherche de l’épave et du corps du pilote. »
Ils ont aussi formulé un vœux aux responsables de la préfecture : « Nous souhaiterions que ce soit à nouveau les archéologues de la SAMM qui soient retenus pour cette mission. Ils possèdent un nouvel appareil expérimental de forme cylindrique qui pourrait leur permettre d’extraire le corps au niveau du cockpit, sans soulever l’épave. »
Devant notre interrogation, face à l’état du corps, ils précisent : « L’oxygène est absente de la tourbe, donc pas de décomposition. Des corps ont déjà été récupérés dans ces conditions. Ils sont comme momifiés. Nous pourrons peut-être retrouver la plaque militaire du pilote et des effets personnels », espèrent-ils.


DEUX TEMOINS OCULAIRES DU CRASH
Depuis les années 1990, les Amis du lac éditent régulièrement « des livres verts » où ils racontent l’histoire des habitants du territoire vivant auprès du lac et les combats menés pour sa sauvegarde.
Dans ce cadre, ils ont obtenu le témoignage des enfants de deux témoins oculaires du crash. Les deux protagonistes sont Joseph Guibert (né en 1915) habitant le village de Saint-Joseph et André Brisson (né en 1920) habitant Bellevue. Deux villages riverains des marais.
« Un dimanche après-midi du mois de juillet, nous décidons, Joseph et moi, d’aller nous baigner à l’entrée du lac au lieu dit Le Poteau Noir, une petite plage de sable, sans roseau. Il y avait un combat aérien au-dessus de Nantes-Château Bougon : on entendait les tirs de mitraillettes des avions, mais cela n’a pas influencé notre décision.
Nous enfourchons nos vélos et nous voilà partis par le chemin de desserte du marais, c'est-à-dire à environ un kilomètre de Saint-Joseph et Bellevue. Pendant notre baignade, Joseph, surpris, me dit : « Regarde on dirait qu’un avion est en panne »
« Un frisson nous a saisis »
Nous le suivons des yeux, quand il se mit à piquer au-dessus de nous. Un frisson nous a saisis. Nous nous sommes dits : il tombe sur nous. Pris de panique, nous sortons de l’eau en vitesse, croyant notre dernière heure arrivée.
On entendait le bruit du moteur se rapprocher de plus en plus et l’avion s’est écrasé à quelques centaines de mètres de nous, provoquant une énorme gerbe d’eau et de boue.
Nous ramassons nos hardes en vitesse et retournons à Saint-Joseph, la peur au ventre et sous le choc de ce qui venait de nous arriver »
Site http://www.les-amis-du-lac.fr


"Grandlieu : Le corps d'un pilote allemand dans la tourbe du lac depuis 76 ans"
article de presse paru dans l'édition Presse-Océan du 11 mars 2019


"Le corps d'un pilote allemand gît dans les fonds vaseux. Des chercheurs d'épaves ont retrouvé l'emplacement de l'avion. Il leur manque toutefois les moyens de l'extraire.


Depuis le 4 juillet 1943, le corps d'un pilote allemand, Rudolph Wieprecht, repose dans le lac de Grandlieu. Saisi par une association, le président de la République veut faire inhumer le corps au cimetière militaire allemand de Pornichet.



L'affaire qui traîne depuis 2002 s'est accélérée en l'espace d'une semaine. Ce lundi 11 mars, les membres de l'Association pour la recherche d'épaves aéronautiques en Pays de la Loire (AREA) sont reçus en préfecture pour étudier le cas du lieutenant Rudolf Wieprecht, selon nos informations à la demande directe du chef d'état-major du président de la République. Le corps de cet officier de la Luftwaffe, l'Armée de l'air allemande, repose depuis le 4 juillet 1943 avec son appareil, un Focke-Wulf 190, dans les vases du lac de Grandlieu.

« On va s'occuper de votre avion », lui a dit Emmanuel Macron

Cette présence à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu est connue depuis longtemps. André Rouault, un historien de Basse-Goulaine aujourd'hui décédé, s'y était intéressé avant que la maladie l'emporte sans avoir pu mener à terme ses recherches. En 2012, un cadre retraité bancaire angevin, Gérard Cerizier, avait repris le flambeau et réussi à identifier le pilote, sans toutefois parvenir à convaincre les autorités du bien-fondé de la récupération du corps du pilote en vue de lui offrir une sépulture digne, selon la volonté de la famille, au cimetière militaire allemand de Pornichet. L'avion pouvant pour sa part être exposé dans un musée. En 2017, l'AREA qui a pu localiser précisément l'appareil, a pris le relais. Le culot a fait le reste.

Tout s'est joué au Salon de l'Agriculture, le 23 février à Paris. Jérôme Batard, éleveur à Pont-Saint-Martin et membre de l'association, y était pour parler du suicide dans les milieux agricoles. « Nous nous sommes entretenus avec Emmanuel Macron et à la fin je lui ai parlé de l'avion et du pilote. Il s'est montré très intéressé ». « On va s'occuper de votre avion », lui a promis le président Emmanuel Macron.

Angela Merkel informée

« Emmanuel Macron en a parlé à Angela Merkel qu'il a rencontrée le mercredi suivant », croit savoir Jérôme Batard. Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (VKD), l'association chargée de veiller à la conservation des cimetières militaires allemands, pourrait se charger des funérailles du lieutenant Wieprecht. Et le Deutsche Technik Museum de Berlin se dit intéressé par l'épave qui gît sous 2,50 m de vase. « Un certain nombre de points, tant réglementaires que logistiques, sont à éclaircir (inhumation du pilote, milieu dans lequel repose l'avion, moyens techniques et financiers pour l'extraction, convention franco-allemande, devenir de l'avion…) avant de procéder à l'extraction de cette épave, dans le respect de la dépouille du pilote. C'est l'objet de la première réunion de (ce) lundi », précisent les services préfectoraux. Mais le président Macron semble vouloir faire vite. À l'approche des élections européennes, l'inhumation du pilote au cimetière de Pornichet n'offrirait-elle pas une belle image de l'amitié franco-allemande ?



"On doit sortir Rudolf du lac de Grandlieu"
article de presse écrit par Sylvain HROVATIN et paru dans l'édition Ouest-France du 2-3 mars 2019


"Le corps d'un pilote allemand gît dans les fonds vaseux. Des chercheurs d'épaves ont retrouvé l'emplacement de l'avion. Il leur manque toutefois les moyens de l'extraire.

L'HISTOIRE

Bombardements de l'été 1943

Le matin du 4 juillet 1943, soixante deux bombardiers partent d'Angleterre avec pour mission de détruire l'usine d'aéronautique de Bouguenais. L'un des B17 est touché par la DCA. Deux avions de chasse allemands sont à ses trousses. L'équipage américain du bombardier se défend, mitraille à tout va.
"Un des Focke-Wulfe 190 est touché, il s'écrase chez nous, sur notre ferme, raconte Jérôme Batard, éleveur à Pont-Saint-Martin. Le deuxième avion est canardé par le B17. Les paroissiens entendent une pluie de douilles tomber. Et alors que le pilote donne l'ordre d'évacuer le bombardier avant le crash, un mitrailleur crie ; "j'en ai eu un ! Le deuxième chasseur allemand est en perdition, il s'échoue dans le lac."

Une stèle à Saint-Colomban

Le bombardier des alliés, en flamme, s'écrase au village de Besson et huit parachutes percent le ciel de Saint-Colomban. Deux américains sont morts dans la bataille aérienne. Six rescapés tomberont entre les mains des Allemands, mais deux sont récupérés par les résistants et exfiltrés en Espagne.
Dans le pays, le crash marque les esprits. Soixante ans plus tard, une stèle a été érigée dans la commune, à la mémoire des aviateurs alliés. L'un des survivants, le navigateur Ralph McKee, confirme alors à Jérôme Batard la chute de l'avion allemand dans le lac. Oublié de tous, sauf de l'éleveur de Pont-Saint-Martin et ses comparses de l'Association pour la Recherche d'Epaves Aéronautiques (AREA : Claude Rabault, Jérôme Batard, Nicolas Roturier). "Des obstinés. On ne lâche pas l'affaire !", lancent-t-il en riant.

Détecté au sonar
La recherche de l'avion a duré des années et a abouti par l'heureux hasard des rencontres. Celles de témoins de l'époque, puis l'arrivée à Passay de Claude Rabault, qui en connaît un rayon sur les recherches en milieu aquatique. Il est membre de la Société d'archéologie et mémoire maritime.
Cette épave est un défi technique à elle seule :"Nous n'avions encore jamais utilisé nos sonars à si faible profondeur." Il y a l'été, "60 cm d'eau sur deux mètres de vase à l'endroit où elle se trouve.
L'extraction complète s'annonce comme un chantier délicat dans ce milieu protégé. Aussi, Claude Rabault envisage une autre approche, plus légère et ciblée, avec un cylindre. Technique encore expérimentale sur des fonds sableux. Est-ce que ça marchera dans un marais ? Il a bien envie de le tenter, "Ce serait une innovation"

Prisonnier du cockpit
Les quelques pièces de l'avion qu'on a réussi à sortir sont impeccables. La peinture intacte, s'enthousiasme Jérôme Batard. Il est possible qu'on retrouve le pilote momifié dans son cockpit, comme dans un sarcophage. Car la tourbe, ça conserve rudement bien."
Le pilote, il l'appelle par son prénom, Rudolf. "Un gosse de 21 ans, qui était sans doute passionné d'aviation. Il habitait à Rübehorst, au nord de Berlin, et il y avait un aérodrome près de chez lui. Sa nièce et son petit-neveu nous ont reçu chaleureusement. Même si pour eux, ce passé de la guerre est délicat à aborder, douloureux.

Un nouvel allié puissant
"Sa place n'est pas dans le lac de Grandlieu à ce gamin", assène Jérôme Batard. Dimanche dernier, au salon de l'agriculture, il en a parlé à Emmanuel MACRON. Le priant de "donner une sépulture décente à cet aviateur, comme un geste symbolique dans le cadre de la réunification franco-allemande." Message délivré "Le président m'a tapé dans le dos et il a dit : on va s'occuper de vous, c'est une belle histoire."
Cette promesse a ragaillardi toute l'équipe de l'Area. Toutes leurs démarches auprès des autorités se sont enlisées. Le propriétaire du marais fait la sourde oreille. Mais, aujopurd'hui, cet encouragement du chef de l'Etat ravive l'espoir qu'ils aboutiront. Il le veulent. "Pour le devoir de mémoire".



Un avion allemand et son pilote prisonniers de la vase du lac
article de presse écrit par Dominique Bloyet fin 2002


"L'appareil a été porté manquant. Chacun a cru qu'il avait disparu en mer.
En ce 4 juillet 1943, un groupe de bombardiers B17 de la 8ème Air Force survole le sud de la Loire-Inférieure. Son objectif : le terminal d'aviation de Château-Bougon et ses ateliers aéronautiques. Midi, à une centaine de kilomètres de là, près de Vannes (Morbihan), un détachement de Focke-Wulf 190 de l'escadrille 2/10 Richtoffen décolle du terrain de Meucon. Aux commandes de l'un de ses redoutables chasseurs allemands, le lieutenant Rudolf Weiprecht, 20 ans.
Ce sera sa dernière mission. Touché par un appareil américain(1), l'avion du jeune officier s'abîme dans le lac de Grandlieu(2) où il repose toujours aujourd'hui.
"Dans le feu de l'action, ses camarades ne se sont pas rendus compte de ce qui venait de se passer. Et l'appareil a été porté manquant. Chacun a cru qi'il avait disparu en mer". Depuis son QG angevin, à Beaulieu sur Layon, Gérard Cerizier, un cadre bancaire, s'est mis dans la tête de sortir le Focke-Wulf et son pilote de la gangue de vase dans laquelle ils reposent depuis maintenant près de 60 ans. Passionné d'histoire aéronautique, il est membre du Musée régional de l'Air d'Angers-Marcé, il a eu vent de l'histoire au gré de ses nombreuses rencontres.
Plusieurs jours à s'enfoncer dans la vase
"les témoins de l'époque se souviennent de l'appareil qui avait mis plusieurs jours à s'enfoncer dans la vase. Cela est venu aux oreilles d'un historien de Haute-Goulaine, Alain Rouault, aujourd'hui décédé, avec lequel j'étais en contact. C'est lui qui a réussi à identifier le pilote". Une fois en possession de l'état-civil de Rudolf Weiprecht, Gérard Cerizier avec l'aide d'une voisine d'origine allemande, a pris contact avec la mairie de Rubeshost, la commune natale du pilote situé au Nord de Berlin, pour rechercher sa famille. Démarche couronnée de succès.
"Son frère cadet est toujours en vie. Et je l'ai eu au téléphone le jour de son 75ème anniversaire pour lui annoncer que nous avions localisé la dépouille de son frère. Il était bouleversé". De fait, la présence du corps dans l'appareil n'est qu'une hypotéthèse. Mais elle est très plausble. Gérard Cerizier en veut pour preuve que les camarades du lieutenant Weilprecht ne l'ont pas vu sauter en parachute et que des témoins d'alors affirment avoir plongé près de l'épave quelques jours après le crash et avoir vu "des morceaux de chair flotter à la surface".
Prudence de la préfecture
Gérad Cerizier est tellement certain que le corps du pilote repose encore dans la vase du lac, qu'il a multiplié les démarches pour obtenir les autorisations nécessaires à l'extraction de l'appareil, demandée par la famille elle-même "pour pouvoir donner aux morts un lieu de repos et aux vivants un avertissement". les propriétaires du lac (la zone concernée est gérée par une SCI) ont déjà donné leur accord, à condition que l'opération soit effectuée en février ou mars. Les autorités allemandes, contactées via le consul d'Allemagne à Nantes, disent également être prêtes à céder l'appareil au Musée de l'Air d'Angers et à inhumer le corps du pilote dans le cimetière militaire allemand de Pornichet. Mais il reste encore à persuader les autorités françaises. Car on sait les tensions récurrentes qui entourent la gestion du lac de Grandlieu, classé en zone protégée. A Nantes, la préfecture se montre très prudente. Mais, pour M. Cerizier, cela semble être sur la bonne voie. Il vient en effet de recevoir une lettre du représentant de la direction des affaires interministérielles et de l'environnement "il m'informe que la préfecture étudie actuellement avec les ministères de la Défense et de la Culture, la possibilité de renflouer l'appareil".

(1) Ralph McKee écrit dans son récit qu'un mitrailleur du bombardier cria "j'en ai eu un" en parlant d'un chasseur allemand! Etait-ce le Focke Wulf qui tomba dans le lac?
Par ailleurs, un autre Focke Wulf tomba le même jour près du lieu dit "La Marionnière" sur la commune de PONT SAINT MARTIN (44) source le livre de Camille FRANCOIS et Jérôme BATARD, "Quand la terre se souvient" paru aux Editions SRE-EDITIONS en 2014

Lire l'évasion de R. McKee

(2) L'avion se situe sur le territoire de la commune de St-Philbert-de-Grand-Lieu dans l'embouchure de la Boulogne. Son emplacement exact se trouve sur une propriété privée gérée par la SCI de chasseurs ANAS CRECA gérée par Jean FOURNIER (source d'information Gérard Cerizier)
Selon les témoignages recueillis par Jules JEANNEAU, l'avion s'est crashé sur l'ile verte, près du légendaire cyprès vert.
Par ailleurs, Joseph GUILBAUD de la Maillère à St-Philbert de Grand-Lieu, écrit dans ses mémoires éditées en octobre 2008 ("Notre vie à la ferme" page 40 Edition scripta) "...le 23 septembre 1943, je venais juste d'arriver à nos vignes de Gros-Plant aux Jamonières...d'un seul coup, un avion allemand a dévissé, et plouf! Dans le lac, en plein milieu. Il s'est planté dans l'épaisse couche de boue.

 

Lire le témoignage de Joseph Jouanno



Novembre 2021
On ne lâche rien

Jérôme Batard et son association ont noué des contacts avec des archéologues aéronautiques. La SCI qui gère la zone privée où est tombé l'avion allemand a été contactée...Bref, Jérôme Batard ne lâche rien, dix ans après avoir créé son association A.R.E.A. !

Février - Mars 2019
Rebondissement !

Jérôme Batard rencontre le président Macron, au salon de l'agriculture. "L'affaire" de l'avion allemand tombé dans le lac de Grandlieu refait surface ! Le 11 mars, avec son association A.R.E.A., Jérôme Batard est reçu en préfecture. (Voir articles de presse ci-contre) A suivre...

mars 2017
Dernière ACTU du Focke Wulf

Jérôme BATARD annonce que la nièce de l'aviateur allemand qui pilotait le Focke Wulf, a été localisée. Par ailleurs, le musée de la métallurgie de Berlin serait partie prenante dans le projet de sortir le Focke Wulf du lac de grand lieu. A suivre...

27 février 2016
Recherches du Focke-Wulf

La SAMM (Sté Archéologique Maritime du Morbihan) était sur le lac de Grand Lieu avec des moyens magnétométriques pour détecter le Focke Wulf 190. Des masses ferreuses ont été détectées au magnétomètre et au sondeur. A suivre...

Page Facebook de la SAMM

28 mars 2015
Focke-Wulf  localisé...enfin !

Jérôme BATARD et les archéologues sous-marins du Ponant, viennent de localiser précisément l'épave de l'avion allemand Focke-Wulf tombé le 4 juillet 1943 dans le lac de grand lieu. La localisation a été assez rapide, grâce aux témoignages recueillis il y a quelques années par Jules Jeanneau, et Gérard Cerizier l'instigateur de  cette recherche du Focke-Wulf.

La prochaine étape sera de photographier en 3D l'épave. Nous aurons alors une idée de son état de conservation.

Par ailleurs, le Messerschmitt tombé dans le lac le 23 septembre 1943 a été aussi localisé.

16 septembre 2014
Autorisations en cours...
Le dossier du Focke-Wulf, avion allemand tombé le 4 juillet 1943 dans le lac de grand lieu, avance avec l'association A.R.E.A présidée par Jérôme BATARD. Après avoir été transmis au bureau de la DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) ce dossier compliqué devrait prochainement être étudié par la DREAL (Direction Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) qui pourrait autoriser l'intervention d'archéologues sous-marin pour enfin repérer l'avion et avoir une idée de son état de conservation.

2012
AREA Pays de Loire

ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE D'EPAVES AERONAUTIQUES EN PAYS DE LOIRE présidée par Jérôme BATARD et vice-présidée par Nicolas ROTURIER.

Objet : recherche et mise en valeur d’épaves aéronautiques ainsi que toutes activités relatives à la recherche de patrimoine historique civil et militaire en Pays de Loire. Siège social : 24, rue de l’hôtel de ville, 44310 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Date de la déclaration : 30 décembre 2011.

L'association en partenariat avec des élus locaux, travaille d'arrache-pied sur le dossier du Focke Wulf tombé dans le lac de Grand Lieu le 4 juillet 1943.


11 septembre 2009

Pas banal de trouver des morceaux d'avions en labourant son champ. Après des années de trouvailles, çà et là, de bouts de ferrailles, Jérôme BATARD, co-gérant du Gaec de la Moricière à PONT ST MARTIN, a voulu en savoir plus
Il apprend par l'association A.B.S.A. que quatre avions allemands se sont également crashés dans le coin. Alors, il décide de faire appel à un détecteur de métaux.
"Au printemps dernier, j'ai eu la confirmation d'une présence métallique sur mon terrain, chemin des Lorreaux. J'ai donc entrepris, en présence du maire, de creuser le sol le 9 juin", explique-t-il
Des morceaux plus conséquents ont été déterrés : moteur, éléments du train d'attérrissage, longeron et cylindres...
Avec la participation de témoins de l'époque, et l'association A.R.E.A. de Rocheservière (85), les pièces retrouvées sont identifiées. Il s'agit d'un avion Focke-Wulf, crashé le 4 juillet 1943.
Jérôme a pris contact avec le Musée d'histoire de la ville de Nantes (Château des Ducs) qui sont intéressés par certains éléments. Il ne reste plus qu'à attendre le 30 septembre, jour où le service de déminage finira le travail

Source Ouest-France 11/09/2009


www.absa39-45.com

Voir les pertes luftwaffe en loire atlantique le 4 juillet 1943


début 2005
Gérard Cerizier, las de toutes ces turpitudes!

Sur les relances de différents sites d'internautes, français, anglais, belges etc...une association de journalistes allemands, néo-zélandais et français dont Xavier MEAL du Fana de l'Aviation a voulu relancer cette démarche afin d'aboutir à l'exhumation du corps de ce pilote. Six mois plus tard, eux aussi ont abandonné du fait de la position inflexible des autorités représentées par le préfet de Loire-Atlantique.
Le VDK (commission allemande des sépultures militaires) et le Consul d'Allemagne à Nantes s'étant rangés à l'avis de notre pays!



Le Focke-Wulf 190 a fait son apparition sur le front de l'Ouest en septembre 1941. Il a été construit à 18 000 exemplaires.
Il mesurait 8.84 m de long et avait une envergure de 10.5 m pour un poids de 3.9 tonnes; il pouvait évoluer à 10 600 m d'altitude et possédait une autonomie de 800 km. Doté d'un moteur BMW 801 D-2 à injection d'eau de 2100 ch, il se déplaçait à la vitesse de 670 km/h. Son armement était composé initialement de quatre mitrailleuses MG 17 de 7.92 mm qui, par la suite furent remplacées par des canons MG 151 de 20 mm.